J'ai traversé le plus grand désert


et me voici enfin​ 


aux abords des montagnes


​qui me révéleront peut-être​​


ce qu'il y a au-delà



pour cette dernière nuit 


de l'herbe, un arbre et du feu

voilà ce que la paix me dicte


​et comme prélude parfait 


au galant rendez-vous


pris depuis si longtemps


avec de bonnes augures


une demie lune se pose


en prophétesse lumineuse

dans l'écrin paresseux 

de mon esprit fatigué



je sombre dans un rêve 


annonçant un jour nouveau


foisonnant de merveilles


​​

le soleil y a les cheveux longs

qui dévalent sur les hauteurs

vers lesquelles je m'élance


grimpant jusqu'aux nuages


devenus jardins suspendus


en tranquille mouvance


sur les plaques tectoniques du ciel



je contemple alors


les miroitements infinis

des rayons célestes 


sur eux-mêmes


où j'entrevois enfin


le signe du destin


que j'ai tant cherché



à mon réveil précoce


surgissant en mille couleurs


dans un horizon étincelant


dépouillant les sommets


de leur pudeur sacrée


le soleil me révèle enfin


le chemin étroit


qui mène je le crois


​à travers les monts


au-delà de l'espérance


au pays de la joie 


où mon esprit libre​ 


saura enfin trouver


la plénitude universelle


trésor splendide et démesuré


des chercheurs d'or philosophique...







(Champ de blé avec cyprès - peinture de Vincent Van Gogh)

ENTRE DEUX SOLEILS






  Françoys Lamothe


POÉsie