Françoys Lamothe


POÉsie




ENVOLÉE

(La fuite - peinture de Paul Gauguin)

Au-delà des univers nombreux du temps

j’ai caressé en rêve ton âme et j’ai tout connu

nos esprits volaient dans le ciel enlacés au vent

et sur terre ils brillaient dans nos corps nus

 
je partais, immortel, vers tes yeux bleus

naviguer les eaux chaudes de ton regard

océans si proches de mon souffle amoureux

paradis si loin des abysses de la mort

 
je frémissais aux tendres promesses

de tes vents salins printanniers

mes désirs débarquaient en liesse

sur tes côtes aux chevelures dorées

 
mes mains en chevaux rebelles

galopaient la plaine fertile de ton corps


et sur tes seins déployant leurs ailes

mes lèvres devenaient des oiseaux rares


tes hanches avaient pour moi les formes du futur

et sous mes doigts musiciens de jazz

ta peau comme langue de mousse pure

chantait mon désir, psaume d’extase

 
la science exacte de nos corps unis

recréait pour nous l'univers en cachette

car tu assemblais les pierres de vie

que ton ventre sculptait parfaites


l’amour coulait à flot de tous nos sens

baignant nos membres en des eaux de douceur

formant de nos coeurs une divine essence

dont nous buvions les milles couleurs