Notre vieux bouleau 


est tombé à l'eau

et se détache lentement


en mille morceaux


les mots d'amour écrits

sur sa peau blanchie


quittent enfin le nid

pour voyager vers l'infini



dans cette rivière sans fond

où s'engouffrent les saisons

les visages et les noms


de ceux que nous aimions 



la cruauté du souvenir

qui s'efface sans revenir

en profitant sans le dire

des voies de l'avenir



me rend sombre et muet 


avec l'envie que jamais 


​ne cessent nos jours heureux


paisibles et merveilleux



alors je ciselerai bientôt


ton nom comme un joyau


sur un bel arbre nouveau


loin de tout ruisseau


(Petite île - peinture d'A.J. Casson)

L'ARBRE NOUVEAU






  Françoys Lamothe


POÉsie