(Désespoir - peinture d'Edvard Munch)

LE VIDE SIDÉRANT

Les rues bruyantes des villes

dangereuses et cruelles

 ont creusé en mon âme


 un sillon si profond

que s'y enlisent parfois

toutes mes idées claires

ainsi que les mots qui les composent



enduit de lumière froide


de miasmes bitumineux


je n'arrive plus à raisonner



je n'impute et ne suppute 


n'induis et ne déduis


​n'écoute et ne dis plus rien



je perds tous mes moyens


proprement humains



je régresse malgré moi


en un zombie machinal


répétitif et condamné


à errer ​sans espoir


à travers les replis tordus


et les ruines asphaltées


de la joie écrasée


​​






  Françoys Lamothe


POÉsie