Françoys Lamothe


POÉsie




LES GRANDS FRISSONS

                 I


Un soleil  mourant


déverse sans pitié

des couleurs sombres


sur ton cœur muet

où tout de moi s’efface

comme sur une vieille pierre tombale

devenant illisible

 
                 II


La passion qui jadis


enflammait nos corps

était l’antre dans lequel


je me forgeais chaque nuit


​en être capable

de te conquérir pleinement


 tel un empire riche et vaste

que je devais arracher


de la main d'un tyran



​                 III


Sottement j'ai cru


que les fruits de l'amour 

ne sont véritablement dégustés


​que dans le combat et l'adversité


et mes désirs ainsi corrompus


se sont retournés contre moi



                 IV


En exil de toi


de tes mirages romanesques


je piétine tristement


les contrées délaissées


où gisent inutiles


toutes mes fausses victoires


comme des fleurs de plastique fanées 


dans les vidanges de la décadence



(L'idole - peinture de Paul Gauguin)